Je n’étais pas certaine de vouloir lire le populaire livre de Pierre-Yves McSween En as-tu vraiment besoin? parce que je considère que je suis déjà très sensibilisée sur la gestion de l’épargne et la consommation responsable. Comme on me l’avait chaudement recommandé et que je suis curieuse, j’ai lu le bouquin à temps perdu. Il est divisé en plusieurs petits chapitres bien définis ce qui permet de prendre notre temps de lire et relire certaines sections qui nous touchent davantage. Sans vouloir vous mettre de la pression – je vais en mettre quand même – il faudrait vraiment passer au travers. C’est comme le manuel du gros bon sens.

La victimisation

Le vrai gros problème, c’est d’apprendre à se dompter soi-même. J’ai l’impression que les gens qui prennent de mauvaises décisions financières vont continuer à prendre de mauvaises décisions. Même si elles s’informent et se sensibilisent à mieux gérer leurs dettes et leurs avoirs. Pourquoi? Parce que le stress financier, la pression, la déception de ne pas pouvoir s’acheter tout ce qu’on désire par manque de moyens créent un faux sentiment de victimisation.

J’ai déjà de la misère, faut bien que je me récompense un peu des fois.

J’ai le droit d’être heureux moi aussi.

Je mérite du bonheur avec tous les malheurs qui m’arrivent.

Crédit : https://www.reussitepersonnelle.com/victimisation | En as-tu vraiment besoin? de Pierre-Yves McSween - icitte.quebecMalheureusement, quand on se retrouve dans un faux pas financier à cause de mauvais choix, il faut payer, d’une certaine manière, nos moments de frivolités ou nos erreurs. Plus les moments ont été longs et coûteux, plus faut «payer» longtemps. Quand on n’arrive pas à se dompter et se confronter soi-même, on rechute à la moindre occasion. Soyons clairs, le seul responsable de ta situation financière, c’est toi. Final bâton. Une fois que tu comprends et que tu acceptes ta responsabilité, les choses vont s’améliorer parce que tu es la seule personne au monde sur qui tu peux avoir un contrôle.

C’est plate, mais dans la vie il ne faut pas attendre que les choses nous tombent dessus parce qu’on pense qu’on le mérite. Un prof au secondaire avait dit une phrase qui m’a marquée : Si tu veux que les choses changent, tu dois changer quelque chose.

Ça ressemble un peu au dicton : aide-toi et le ciel t’aidera, mais en mieux. Parce que s’en remettre au ciel, à la providence ou au hasard c’est complètement déluré. Je répète (parce que je me la répète très souvent aussi) : Si tu veux que les choses changent,TU dois changer quelque chose. À force d’efforts, tu fais ta place. Mais personne ne va la faire pour toi.

La fameuse «To do list»

Alors pour ceux qui ont déjà des problèmes d’argent et un rapport compliqué avec la consommation, le livre de McSween est trop soft. Mais c’est quand même important de le lire parce qu’il y a de l’information un peu plus spécifique sur certains aspects. L’auteur a un bon bagage professionnel et comme c’est aussi un prof de CEGEP il a une façon pédagogique de présenter les choses.

À mon avis, on peut aussi reprendre tout le contenu de la table des matières et se faire une grosse liste de choses à faire et vérifier. Comme le livre est concis et qu’il va directement au but, ce n’est pas une corvée de se renseigner sur les choses essentielles de la vie.

Les 3 choses que j’ai retenues plus spécifiquement :

1) La période de grâce des cartes de crédit est de 21 jours (je pensais que c’était un mois). Ça veut dire que s’il y a de l’argent sur la carte au-delà de ces 21 jours, il y a de l’intérêt qui va nous être chargé. Même si tu payes le montant minimum.

2 ) Ne jamais acheter de voiture neuve, c’est le pire investissement possible à faire.

Premièrement, comme le mentionne l’auteur «Les trois premières années engendrent la plus grande perte de valeur (il n’est pas rare que la dépréciation moyenne oscille entre 35% et 50% sur 36 mois). » Deuxièmement, ce petit extrait du livre m’a doublement convaincue :

Récemment, j’ai covoituré avec une personne bien nantie. Celle-ci conduisait un beau véhicule utilitaire sport (VUS). Je dois l’avouer, c’était agréable. «Je l’ai acheté usagé, c’est un modèle 2011. De toute façon, dans le haut de gamme, qui peut vraiment voir la différence entre un modèle 2011 et 2015? La différence sur le plan de l’utilité ne vaut pas la différence de prix», m’a-t-il lancé. Sa réflexion m’a agréablement surpris. Même millionnaire, le gars comprenait que se payer une voiture neuve de 50 000$ était un luxe relativement inutile pour lui.

3) Concernant l’épargne, Pierre-Yves McSween mentionne une cible à se donner : avoir mis le double de son salaire brut de côté à 35 ans. Alors si on gagne 40 000$ à 35 ans, il faut avoir mis 80 000$ de côté. L’épargne peut prendre plusieurs formes : REER, CELI, fonds de pension ou investissement immobilier. Quand je parle d’investissement immobilier, je parle de la mise de fonds, le capital. Ce qu’on détient réellement sans tenir compte d’un gain potentiel lors d’une potentielle vente.

Est-ce que c’est faisable? Oui. J’ai 26 ans et je travaille à temps plein depuis 6 ans, et j’ai déjà dépassé la moitié de mon objectif si on se fit à la recommandation de McSween. Oui, je n’ai pas fini l’école, je suis à temps partiel et ça me prend une éternité. Mais on fait tous des choix.

En as-tu vraiment besoin? de Pierre-Yves McSween - icitte.quebec

Le confort

Ma section préférée du livre est celle en lien avec le confort.

«Plus le confort croît, plus l’estime il gonfle l’estime de soi […] Un jour cependant, on en vient à oublier ce qu’est l’inconfort. On perd l’habitude de l’effort, du sacrifice, de l’investissement et du dépassement. On finit par se dire: « Chus de même et c’est ça qui est ça ». Finalement, cette quête de la facilité et du bonheur sans désagrément cause peut-être notre perte.»

Faque quand on me demande comment je fais, c’est ça, la réponse : j’essaye de ne pas m’habituer au confort et je me dépasse. Surtout, j’essaye. J’essaye toujours. Pis quand ça marche pas j’essaye autre chose. Des fois on me dit : « ouais, mais c’est dans ta personnalité.» Non, un caractère et une personnalité ça se construit. Comme je l’ai dit tout à l’heure la seule personne sur qui on a du contrôle, c’est soi.

Je ne suis pas fonceuse ou quelque chose du genre. Je choke par moment, moi aussi. J’ai constamment peur de me planter. Sauf que je suis juste trop orgueilleuse pour ne pas être autonome et me laisser dépérir.

En as-tu vraiment besoin? de Pierre-Yves McSween - icitte.quebec

Telle est la question

 Au final, la morale de l’histoire, que Pierre-Yves McSween nous martèle tout au long du livre, c’est juste de se questionner. Avoir un esprit critique. La lecture de son livre est une belle occasion de le faire, car rare qu’on se questionne vraiment, profondément.

À mon avis, Ça va au-delà de est-ce que j’en ai vraiment besoin? Comme KonMari le recommande, il faut pousser le questionnement à 4, 5 voire 6 niveaux de plus. C’est aussi très important de se visualiser, ça permet de se regarder soi-même.

Faque, est-ce que vous avez vraiment besoin de lire le livre de Pierre-Yves McSween? Oui. Et aussi celui de Marie Kondo, je trouve qu’ils sont complémentaires l’un et l’autre.

Pour ceux qui veulent le livre, je peux vous le prêter!

Bye-bi !

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Voici un exemple de modèle d’analyse quand je veux acheter quelque chose.

En as-tu vraiment besoin? de Pierre-Yves McSween - icitte.quebec

Le veston

J’ai un événement la semaine prochaine et je souhaite remplacer mon veston usé par un nouveau veston. 

  • Objectif : nouveau veston gris
  • Motivation : l’événement

Est-ce que j’en ai vraiment besoin? Pas nécessairement. J’en ai un beige en bon état. Mais je l’ai porté lors des 3 derniers événements (avec le même groupe de personnes).

C’est vrai que peut-être que personne n’aura remarqué que c’est le mêmeAlors est-ce que j’ai VRAIMENT besoin d’un veston gris? Relatif, il faut donc définir quel est notre seuil de besoin. Pierre-Yves McSween aurait sûrement dit qu’un seul veston suffit dans ma garde-robe, mais je trouve que deux convient mieux à mes besoins et que ce n’est pas exagéré.

1 – Repérage et budget

Établir un budget, prix approximatif ou fourchette de prix. Mon truc : je n’apporte jamais mon portefeuille quand je fais du lèche-vitrine ou du repérage. Ça me donne le temps de bien rationaliser ensuite.

Après m’être promenée un peu, je trouve un veston qui me tente beaucoup. Je retourne chez moi sans l’avoir acheté, mais après l’avoir essayé.

2 – Quel est l’apport du veston à ma garde-robe?

En fonction des combinaisons disponibles avec mes autres vêtements, combien de fois est-ce que je pourrais porter ces deux vestons en alternance? Toutes saisons confondues, pour le beige, j’ai 8 combinaisons possibles.

Pour le gris, comme il est semi-formel, j’aurai 7 possibilités d’ensembles formels et une quinzaine de possibilités pour le bureau. Le veston beige est très formel, et donc pas trop portable au bureau sinon la machine à rumeur propage que je passe sûrement une entrevue.

Donc, sur le plan de l’utilité, ce veston passe le test.

3 – Où sera rangé le veston?

Vous pensez peut-être que c’est un peu inutile comme questionnement, mais pas du tout. Ça évite de se ramasser avec un garde-robe saturé et des armoires qui débordent. Nous devrions tous être capables de voir l’ensemble de nos vêtements d’un seul coup d’oeil. Là-dessus, je vous rappelle de lire mon article sur la KonMari.

4- Quel est le vrai incitatif à l’achat?

L’événement de la semaine prochaine est, à première vue, l’élément motivateur. D’abord, le contexte de la soirée est très formel, voire conservateur, sur l’étiquette vestimentaire. Deuxièmement, le jugement des autres me pousse à ne pas porter systématiquement le même veston 4 fois de suite.

Que peut m’apporter le jugement des autres dans le contexte de cet événement? Comme c’est relié à un contexte professionnel et que je tâte le terrain afin de changer de travail, le regard des autres à une incidence sur mon but. Selon cette perspective, le veston peut être considéré comme un investissement.

En récapitulant, on se rend compte que le vrai objectif est la possibilité d’emploi et le réseautage. La motivation c’est que mon travail actuel ne me convient pas. L’outil c’est le veston.

5 – Vie utile et qualité

Pour que le veston reste un outil, il faut que je visualise sa vie utile et que je calcule son rendement dans le temps. 

Le tissu respire bien et j’étouffe dans un veston rigide. Il est super léger et je me sens à l’aise pour faire des étirements de bras. Les coutures sont impeccables à l’intérieur comme à l’extérieur et les poches sont assez grandes pour mettre mon cellulaire. Il est intemporel et peut se porter 4 saisons.

Le seul hic, c’est qu’il est 50$ trop cher que mon budget initial prévu. Ça veut dire qu’il faut que je coupe quelque part et que je prenne une décision claire et concrète. Il faut la prendre sur-le-champ, même si c’est pour un changement dans mon budget futur pour la seule et bonne raison que je dois me commettre.

À éviter : « ah, je vais faire attention pendant deux semaines…»

On cherche un quelque chose de concret à valeur égale au 50$ de trop. Comme je me paye un dîner au resto le vendredi, j’ai décidé de sauter un mois. Ça me coûte entre 12-14$ à chaque fois. Mission accomplie, mon 50$ de trop dans mon budget vestimentaire s’annule.

Je m’achète donc le veston!

Je sais que ça l’air long et complexe à première vue, mais une fois que vous l’aurez essayé ça devient facile. Après tout, c’est purement une question de logique et de rationalité, choses qu’on devrait appliquer plus souvent à notre consommation!

Bonne chance!

 

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