**NOTE** Vous trouverez la première partie de cette article ici.

Après ma réduction de consommation papier à la maison via l’usage de mouchoir en tissu, je suis passée aux essuie-tout réutilisables.

Quand vient le temps de mesurer l’impact de notre empreinte écologique, il faut toujours privilégier le moins grand impact lors de la production. La littérature environnementale suggère que la plupart du temps, c’est la phase de production qui affecte le plus négativement l’environnement.

Les tableaux qui suivent sont tirés d’une étude faite par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et commanditée par Dyson Inc. Il y a un parti pris, c’est sûr, mais je ne veux pas vous convaincre d’acheter un Dyson, je veux seulement qu’on regarde les graphiques dans leur ensemble, puisque les données sont justes, commanditées ou non.

Comme le MIT le mentionne dans l’étude, l’empreinte écologique des essuie-tout en papier est plus grande durant sa production alors que l’empreinte écologique des sèche-mains est plus grande durant son utilisation.* Bon, à partir de maintenant, on oublie les sèche-mains de l’équation, parce que je ne pense pas que vous en possédiez un à la maison.

La consommation d’eau

Selon ce graphique la consommation d’eau est plus grande lors de la production de papier. Il y a aussi une consommation pour les essuie-tout en tissu, car il faut évidemment faire pousser du coton.

Essuie-tout réutilisables et la consommation d'eau - icitte.quebec

L’appropriation des terres pour cultiver la matière première

Toujours en lien avec l’agriculture, une occupation de la terre est faite pour la production de coton. Évidemment, le coton est non biologique et à une plus grande empreinte écologique que celui biologique. Malheureusement le produit que j’ai testé n’utilise pas (encore) de tissu bio, mais ça viendra sûrement, je l’espère.

Essuie-tout réutilisables et l'utilisation des terres cultivables - icitte.quebec

La consommation d’énergie

Comme on le voit, il n’y a pas de mauve pour nos papiers parce que c’est jetable. Au Québec notre production d’énergie est majoritairement à base d’hydroélectricité, ce qui est pas mal plus propre que le gaz ou le nucléaire (qu’on retrouve beaucoup en Ontario). Sachant cela, le coût écologique relatif à l’usage est donc moins élevé.

Essuie-tout réutilisables et la consommation d'énergie - icitte.quebec

On revient à ma première intervention par rapport à l’usage et la production. Quand j’ai publié mon article sur les mouchoirs en tissu, j’ai souvent eu ce commentaire : ouais, mais tu dépenses de l’eau et de l’énergie pour laver les mouchoirs. C’est vrai. Sauf que le nombre de brassées de lavage que tu vas devoir faire dans ta vie pour tes petits mouchoirs et essuie-tout réutilisables est complètement dérisoire face à ce que la de fabrication du papier demande en eau et en énergie dans les usines.

La couleur mauve dans le graphique représente le seul élément sur lequel nous avons du contrôle. Tu as le choix de laver à l’eau chaude ou froide. Tu as le choix de faire sécher sur la corde à linge ou à la sécheuse. Alors même si on part du principe que tu laves à 90 degrés Celsius et que tu chauffes ça au max, t’es quand même moins pire que l’usine.

Impact sur le réchauffement climatique

Comme vous le voyez, entre les essuie-tout à base de papier recyclé ou non et les essuie-tout de coton, le vainqueur est la réutilisabilité. Les bémols associés aux essuie-tout de coton (la note 6) touchent l’écosystème et l’occupation de terres. Bon c’est pas clair au premier coup d’oeil, mais dans le rapport complet, il faut savoir que le critère land occupation rentre aussi dans le critère ecosystem quality. Pour donner l’heure juste, il y a 4 éléments dans ce critère soient :

  • la toxicité aquatique et terrestre (2),
  • le niveau d’acide et nutriment dans les sols,
  • l’espace occupé par l’agriculture.

Essuie-tout réutilisables et le réchauffement climatique - icitte.quebec

L’utilisation de coton biologique et de méthodes d’agriculture responsables règlerait cette mauvaise note. Le coton bio commence néanmoins à être de plus en plus utilisé, par exemple la collection de t-shirt et chemises du Simons cet été. Mais bon, c’est à suivre là-dessus.

4moustiqueS

J’ai acheté chez Terre à soi, un rouleau d’essuie-tout réutilisables fabriqués par 4moustiqueS, une compagnie québécoise. Vous pouvez aussi les acheter sur Etsy. Le premier obstacle à ce changement a bien sûr été mon mari, que je surnommais affectueusement Monsieur Scott Towel. Bien que mon choix était surtout de nature environnementale, il faut savoir que notre ménage dépensait une fortune en essuie-tout de papier. En plus, 90% de nos déchets étaient des Kleenex et des Scott Towel. Dans le but de réduire progressivement pour peut-être atteindre le zéro déchet, c’était donc nécessaire.

Essuie-tout réutilisables de la marque 4moustiqueS - icitte.quebec

Obstacles

Ça coûte 45$, il y a plusieurs modèles offerts par la marque. Il s’agit d’un rouleau de 15 feuilles 10 x 11. Ne vous inquiétez pas pour le prix, un simple calcul vous permet de voir que les essuie-tout seront rentabilisés dans le temps. Les feuilles de tissu sont doublées en flanelle et il y a des boutons pression pour les attachés ensemble. J’insiste sur le fait que les feuilles sont similaires à celles en papier en termes de taille. On avait essayé de faire le transfert des essuie-tout en papier vers l’usage exclusif de guenilles, mais l’obstacle #1 disait qu’elles sont trop petites et que ça gosse.

Un autre obstacle était le ramassage de vomi de chats, qui sont fréquents vu la longueur de leurs poils. J’étais assez dégoûtée, mais c’est quand même moins pire que les couches lavables (une minute de silence pour les mères écologiques). Comme tout est psychologique, mon 3e vomi était moins pénible que le 2e; le 4e encore moins que le 3e. Maintenant, je m’en fous pas mal, et je jette la belle cocotte dans la toilette ou le compost. La ville de Montréal interdit les cheveux humains dans le compost, certes, mais pas les cocottes de poils.

Rétroaction

C’est vrai qu’il y a une adaptation à faire de 1 ou 2 semaines parce que ça imbibe moins vite que du papier. J’ai entendu quelques sacres lors de ramassis de vomi de chats, mais une fois qu’on a la technique, tout baigne. Je dirais même que mon précieux rébarbatif et amoureux des napkins est maintenant tellement satisfait qu’on pourrait le croire vendeur.

Voici son témoignage :

J’étais un très grand fan d’essuie-tout. J’en utilisais une grande quantité chaque jour, pour essuyer mon comptoir, ramasser des petits dégâts, manger mes toasts, m’essuyer lors des repas…et bien plus encore. On m’a même surnommé M. Scott Towel. Depuis que j’utilise les produits 4moustiqueS, je n’ai pas touché à un seul essuie-tout. Ça m’a pris un peu de temps à m’habituer, mais je ne ferais jamais marche arrière. C’est vraiment plus écologique et durable. J’ai toujours quelques sueurs froides lorsque je passe devant une distributrice de napkins au restaurant…et j’ai un peu de difficultés à résister à l’envie d’en prendre quelques dizaines. Mais je peux maintenant affirmer avec confiance que mon addiction est sous contrôle. Vraiment un superbe achat!

Méthode de gestion des tissus souillés

Comme je l’ai mentionné dans mon article sur les mouchoirs, il est important d’avoir des «poubelles» désignées aux articles réutilisables. Ça peut être une poubelle supplémentaire ou un bac, un pot, etc. Pour ma part, on a simplement pris une petite boîte de carton qui allait finir au recyclage. Le tout rentre bien sous le lavabo et c’est moins mélangeant pour les invités, car c’est assez visible. Ce qui va dans la boîte : mouchoirs, essuie-tout réutilisable, guenilles, linges à vaisselle et ainsi de suite. On a été conditionné à jeter nos déchets. Ensuite, on a rajouté le bac vert, le bac brun et maintenant le bac «blanc» qui contient les tissus utilisés. C’est aussi simple que ça. Ça évite des irritants et facilite l’intégration de nouvelles habitudes dans notre routine.

Je vous recommande donc d’adapter cette méthode, de tendre vers des choix plus écologiques. J’ai personnellement adoré les essuie-tout de 4moustiqueS parce que je trouve ça plus pratique que les guenilles et en plus le tissu est super résistant et plus absorbant que des guenilles ordinaires. Pour l’aspect esthétique, les motifs colorés camouflent les petites taches qui s’accumulent au fil des années. De plus, le temps de se rendre au bout du rouleau est vraiment long alors quand les feuilles du dessus seront éventuellement abîmées, il va encore rester les feuilles d’en dessous qui seront comme neuves.

Joyeuse corvée écologique, babaille!!

Essuie-tout réutilisables de la marque 4moustiqueS produit québécois écor-responsable - icitte.quebec

 


*For paper towels the majority of the impact comes from the production of the paper towels themselves. The paper towel packaging, dispensers, waste bins, and bin liners account for less than 10% of the environmental burden. For standard warm air dryers, the majority of the impact comes from the use phase; with the longer dry time and higher rated power of the machine contributing to the majority of the GWP impact. <http://msl.mit.edu/publications/HandDryingLCA-ExecutiveSummary.pdf>

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