Consommer Québécois : l’importance de l’achat local

Achetez local! Même avant que le Covid-19 frappe l’humanité, nous avions besoin que les Québécois achètent localement. Avec la mondialisation et l’interconnectivité entre les pays il est parfois facile de perdre de vue l’importance de l’achat local. Ça prend parfois un contexte de crise et de fermeture de frontières pour nous le rappeler… Je vous propose des listes à la fin de l’article pour facilitez vos recherches, mais avant… c’est quoi l’achat local?

Qu’est-ce que veut dire acheter local?

«L’achat local, c’est le fait d’acquérir un bien ou un service produit localement et destiné à une consommation dite finale (le consommateur final étant l’acquéreur du bien ou du service) ».

(CPQ, 2018: 4)

J’ai vu quelqu’un, dont j’oublie malheureusement le nom, dire que l’achat local devrait être un devoir de citoyen. Je suis d’accord avec cette affirmation pour plusieurs raisons. D’abord, le Québec a de plus en plus de difficulté à attirer des investissements étrangers. Il faut donc compenser par les investissements domestiques.

Situation économique

« Au cours des dernières années, les soubresauts économiques et le phénomène de désindustrialisation graduelle ont alimenté l’incertitude face à l’investissement et à l’emploi. En outre, les profondes mutations engendrées par le vieillissement de la population et ses répercussions sur les finances publiques ont accru les pressions qui s’exercent sur les ressources publiques ».

(Institut du Québec, 2017 : 6)
65 ans et + (INSPQ)

Qu’est-ce que ça veut dire? Que le secteur privé a besoin de stimulation et que les ressources publiques ne suffisent pas à lui donner un élan (et vont l’être de moins en moins). L’investissement et la consommation jouent ainsi un rôle très important. Je reviendrais sur l’investissement direct avec une liste sur les produits d’épargne que vous trouverez ci-bas. La consommation intérieure est essentielle. C’est comme si on injectait de l’argent pour «investir» dans nos entreprises.

L’alimentation

Le premier truc qui nous vient en tête quand on pense à l’achat local est le fameux sceau Aliments du Québec. Le Québec rêve d’une souveraineté alimentaire depuis des années. Les différents gouvernements ont mis en place des stratégies pour atteindre ce noble objectif (malheureusement pas encore atteint).  

« Si la stratégie pouvait toucher chaque consommateur de façon qu’il ajoute 30 dollars d’aliments québécois à son panier d’épicerie par année, il en résulterait après 5 ans une augmentation de plus de 1 milliard de dollars des achats de produits alimentaires du Québec » .

(MAPAQ, 2007 : 8)

30$?! Je suis un peu tombée sur le cul quand j’ai vu ça. C’est tellement pas beaucoup! De plus, « une simulation du modèle intersectoriel du Québec a révélé qu’un accroissement de 1% des ventes de cette industrie entraînerait la création de près de 1 800 emplois directs ou indirects» (MAPAQ, 2007 : 6). Évidemment, « un accroissement des ventes appuierait ainsi tout particulièrement le développement régional » (MAPAQ, 2007 : 6).

Annuel ou saisonnier?

Il est aussi très important de consommer québécois à l’année. Pas juste à l’été quand nos beaux légumes frais se retrouvent sur les étals des marchés publics. Comme nous avons un magnifique hiver, il est clair que c’est un peu plus difficile d’acheter «en saison». Pourtant, nous avons des serres, et des fruits et légumes qui sont disponibles à l’année. C’est vraiment un enjeu important pour l’industrie alimentaire du Québec. 

« … des faiblesses généralement associées à un manque de ressources tendent à freiner la progression des petites et moyennes entreprises dans les marchés, par exemple le manque de volume et de constance dans les approvisionnements, des lacunes sur le plan du marketing et une capacité financière d’innovation limitée ».

(MAPAQ, 2007 : 7)

En gros, acheter seulement à des moments précis dans l’année, lire ici l’été, fait en sorte qu’on limite le développement de nos PME. Pour se mécaniser, innover, investir dans du matériel, bref pour croître; il faut de la certitude, c’est-à-dire des revenus réguliers. Tu veux des exemples concrets? Chou vert, patates, carottes, navets, pommes, canneberges, tomates, plusieurs sortes de laitue, oignons verts, etc. Il suffit de lire les étiquettes à l’épicerie pour se rendre compte qu’il y a des produits offerts à l’année.

Les fermes Lufa (Anjou)

Plus, plus, plus

Outre l’alimentation, l’achat local, c’est juste tellement plus… d’argent pour tout le monde. Dans le rapport de la CPQ, une simulation de l’implantation de l’approvisionnement local dans le secteur public démontre qu’en plus de la création d’emploi et de la hausse des revenus de tous les paliers gouvernementaux, les ménages auraient plus de revenus personnels disponibles et ainsi une plus grande capacité de consommation. 

« La politique d’approvisionnement local analysée entraîne une croissance de la demande dirigée vers les entreprises du Québec. Dès la première année, les entreprises doivent donc embaucher du personnel pour répondre favorablement à cette nouvelle demande.

(CPQ, 2018 : 27-28)

Impacts indirects

En plus des impacts positifs directs sur l’emploi et les industries, l’achat local génère aussi des impacts indirects. Si j’achète un produit québécois, celui-ci est constitué d’intrants. La chaîne d’approvisionnement complète est affectée par notre achat.

« Les impacts indirects désignent ainsi l’ensemble de cette activité (et les emplois associés) générés par ricochet suite à une dépense initiale, jusqu’à ce que l’effet d’entraînement s’estompe ».

(Utopies, 2016 : 5).

Par exemple, le papier de toilette Cascades. On réutilise des pâtes et papiers recyclés.

Arbre coupé -> transport -> 1re transformation -> transport -> 2e transformation -> transport  achat -> utilisation -> transport -> recyclage -> transport -> retransformation -> transport -> achat…

Bref, dans ce cas-ci, notre dollar a vraiment voyagé à l’intérieur du Québec. 

Impacts induits.

Qu’est-ce qu’un impact induit?

« il s’agit des retombées locales liées aux rémunérations et aux impôts et taxes versés du fait de l’activité de l’entreprise et de sa chaîne de fournisseurs locaux. Ces revenus permettent de soutenir les dépenses de consommation des ménages locaux et les dépenses publiques locales ».

(Utopies, 2016 : 5)

Les avantages de l’achat local

Économiquement, l’achat « réduit le niveau de vulnérabilité économique d’un territoire et permet d’absorber plus facilement les chocs extérieurs» (Utopies, 2016 : 16) comme la crise de 2008.

Ensuite, sur le plan social, l’achat local améliore la relation entre les consommateurs, les producteurs, les fournisseurs; bref entre les acteurs du territoire. Ça ajoute aussi un lien de confiance. Par exemple, ma mère aime savoir exactement de quelle ferme provient la viande qu’elle mange. Elle est même allée faire un tour chez un producteur! Ça la rassure et renforce le lien d’attachement avec la place.

Encore, « Acheter local, c’est aussi plus équitable […] Les normes du travail québécoises, elles, sont là pour nous assurer que tous les travailleurs d’ici sont bien traités, de la fabrication de la matière première jusqu’à la confection en passant par la conception » (FTQ, 2020).

Finalement, d’un point de vue environnemental, l’achat local «constitue une réponse pragmatique à l’empreinte écologique et à la dépendance énergétique des territoires : réduction des transports, substitution des biens et services importés par un modèle local qui impose ipso facto de réfléchir à des logiques plus courtes, plus vertes, plus circulaires, plus frugales, plus éthiques (transparentes) et souvent plus collaboratives / collectives » (Utopies, 2016 : 16).

Listes maison

Une de mes amies, médecin de profession, m’a demandé de la guider dans ses achats. Comme elle va beaucoup travailler pendant le Covid-19, elle va faire beaucoup d’argent et souhaite faire ses futurs achats localement. Son altruisme à plusieurs niveaux m’inspire! Pour l’aider, j’ai fait des listes de produits faites icitte par nos bonnes gens! Bon, j’avais commencé le projet avant la sortie du panier bleu qui est très bien! Mais j’aime aussi mes listes (qui se bornent aux demandes de mon amie) alors pourquoi pas vous les partager?

Produits d’hygiène
– Collations (à venir)
Sport et sous-vêtements
Épargne


CPQ (2018) De l’achat et de l’approvisionnement local au Québec : initiatives, politiques et retombées économiques, 34 p. <https://www.cpq.qc.ca/workspace/uploads/files/achat-et-approvisionnement-local-au-quebec.pdf> (consulté de 2 avril 2020).

FTQ (2020) Pourquoi acheter local? <https://www.fondsftq.com/fr-ca/particuliers/epargne-simplifiee/pourquoi-acheter-local> (consulté de 2 avril 2020).

Institut du Québec (2017) Les clés du développement économique local Analyse des stratégies de six villes nord-américaines, HEC Montréal, 52 p.<https://www.institutduquebec.ca/docs/default-source/recherche/8842_les-cles-du-developpement_idq_br_fr.pdf> (consulté le 2 avril 2020).

MAPAQ (2007) Le Québec dans votre assiette! Stratégie d’accroissement des achats de produits alimentaires québécois sur le marché intérieur, Montréal, 13 p. <http://collections.banq.qc.ca/ark:/52327/bs1927349> (consulté le 2 avril 2020).

Utopies (2016) L’effet multiplicateur local : un levier incontournable pour inspirer le développement des territoires, 44 p. http://www.utopies.com/wp-content/uploads/2016/09/UTOPIES_Note_Position_Effet_Multiplicateur.pdf> (consulté le 2 avril 2020).